Alors que les carburants fossiles sont promis à une exploitation jusqu'à épuisement des stocks, quelles sont les alternatives au pétrole ?
Avant tout, prendre la mesure des choses : Le pétrole est de loin, la source d’énergie la plus utilisée dans les transports. Ce secteur représente aujourd’hui 70% de la consommation finale de pétrole, contre seulement 30% en 1973. Peut-on remplacer le pétrole pour assurer les transports routiers ?  Des possibilités de substitutions existent : GPL, gaz naturel et surtout électricité et hydrogène. Le développement des véhicules électrique ou à hydrogène,  peut poser de réels problèmes au stade de la production de l’électricité.

Pour prendre la mesure du problème posé, il faut savoir que la puissance sous le capot du parc automobile français est de l’ordre de 1800 GWth (28 millions de véhicules d’une puissance moyenne de 65 kW) soit 7 fois la puissance du parc de production électrique d’EDF. (source : Les cahiers de GLOBAL CHANCE - N°17 - Septembre 2003

La pile à combustible

Une nouvelle filière, la pile à combustible, cumule les atouts suivants : un rendement final élevé et l’absence d’émissions de polluants à l’utilisation finale. Seul problème : ce carburant “miracle” n’existe pas tel quel dans la nature. Il est systématiquement associé à d’autres éléments, par exemple l’oxygène dans la composition de l’eau (H2O). Il faut donc l’extraire : une opération coûteuse en énergie… et émettrice de CO2 ! Aujourd’hui, la production d’hydrogène se fait à 95 % à partir de ressources fossiles et principalement par “vaporeformage” du gaz naturel. Exposé à de la vapeur d’eau très chaude, ce dernier libère l’hydrogène qu’il contient. C’est le procédé le plus économique (2 €/kg), mais il n’a rien d’écologique car il utilise une énergie fossile et rejette de grandes quantités de CO2. La fabrication d’un kilo d’hydrogène produit environ 10 kg de CO2 ! Un véhicule à pile à combustible performant comme la Toyota Mirai nécessite 1 kg d’hydrogène pour parcourir 100 km. Il émet donc 100 g/km de CO2. Pas mieux qu’un diesel.

Mais il existe d’autres moyens de production.

La méthode écologique la plus connue est l’électrolyse de l’eau. Avec cette méthode de production, le bilan CO2 est bien meilleur (surtout si l’électricité est issue d’une source renouvelable)… mais d’autres problèmes apparaissent. En effet, il faut 66 kWh d’électricité pour produire 1 kg d’hydrogène sous pression (700 bars) avec lequel un véhicule à pile à combustible peut parcourir 100 km. Avec la même énergie, un véhicule électrique à batterie roulerait 350 km ! Il est donc plus efficace de stocker l’électricité dans une batterie que de la transformer en hydrogène.

Que ce soit pour produire de l'hydrogène ou pour charger des batteries, nous ne disposerons jamais de la quantité d'électricité nécessaire pour alimenter le parc actuel de véhicules.

Malgré cela, le projet des établissements BRALEY en vue  de produire l’hydrogène fabriqué à partir d’électricité verte dite fatale** par électrolyse de l’eau va dans le (bon) sens d'une nécessaire diversité de l'offre énergétique.

Le GPL et le gaz naturel

Issus des réserves fossiles, ils ne sont plus performants au vu des moteurs actuels et du filtrage des gaz d'échappement et ils sont générateurs de gaz à effet de serre. Les biocarburants ont l'avantage d'être « propres » et renouvelables, mais ils posent d'autres problèmes, liés à l'occupation des terres ainsi que leur prix de revient. Compte tenu des difficultés présentées par le véhicule électrique** (voir le commentaire en bas de page) et celui à pile à combustible, le véhicule hybride peut être un plus en attendant mieux.

Conclusion

Il ne sera donc pas possible de substituer une nouvelle énergie au pétrole sans changer de multiples facteurs liés à la mobilité des personnes et des marchandises.  Il faudra avant tout réduire nos déplacements individuels (covoiturage, transports en commun), repenser l'organisation du travail, rétablir les services et commerces de proximité, privilégier les productions locales. Tout un programme !


** électricité verte dite fatale : il s'agit de l'électricité produite par les énergies renouvelables,non consommée lors des pics de productions et donc perdue
** le véhicule électrique, le commentaire de Bernard PETIT, membre du RES (Réseau Environnement Santé) :

Certains pensent que la voiture électrique est la solution d’avenir avec "0 pollution".

Cet argument est largement entretenu par les constructeurs, exemple : NISSAN clame en gros caractères "zéro émission"* pour sa Leaf 100% électrique. Seulement, en petits caractères à peine lisibles, en bas de page, on lit *: "Zéro émission de CO2 à l’utilisation...". Évidemment, déclarer le CO 2 et les autres polluants émis par les différents types de centrales électriques nécessaires en amont serait moins vendeur (en attendant l’électricité 100% d’origine renouvelable). Par exemple, pour des voitures de la gamme des petites compactes, les émissions en équivalent CO 2 se situent entre 85 et 110 g de CO2/km (ADEME, UFC) ce qui ne semble pas révolutionnaire, et encore en France nous disposons d’une électricité d’origine principalement nucléaire, relativement pauvre en dépense carbonée. Que deviennent alors les performances de ces véhicules dans les autres pays encore fortement équipés en centrales thermiques ?

On voit que le véhicule électrique est très dépendant de la source de production d’électricité.


On ne dit pas non plus que ce type de véhicule, comme tous les autres, produit aussi des particules équivalentes à celles des autres véhicules par l’usure des plaquettes de freins et des pneumatiques. Cette contribution n’est pas marginale, selon l’ADEME, car un véhicule
électrique freine plus qu’un véhicule à moteur thermique (perte de l’effet frein moteur).

Enfin, la voiture électrique déplace les problèmes environnementaux.

Alors que nous devrions aller vers plus de sobriété énergétique, cette technique va accroître la demande en électricité et en lithium, utilisé dans les batteries aujourd’hui. L’extraction du lithium nécessite de multiples procédés chimiques et des dépenses énergétiques dans les pays producteurs entraînant ainsi des pollutions et des problèmes de ressources.


Et pour aller plus loin :
Définition et implications du concept de voiture propre
Les évolutions du secteur transport, rupture ou continuité ? Pierre Radanne (ancien président de l’ADEME) Voir l'article

Derniers articles - Nos Actions

Vivre au bord de l'eau

Depuis plusieurs générations, la famille de Jean-Louis possède un moulin sur la commune de Pont de Salars et leurs meuniers, tout au long des siècles, ont transmis à leur descendance les savoir-faire de ce métier difficile et fondamental dans l’économie rurale. Depuis 2003, Marie-Jo et Jean-Louis ont choisi d’habiter le moulin où ils avaient coutume de passer des vacances et ont amélioré le confort de la partie habitation : système dit du pas-de-loup pour isoler les murs de l’humidité, capteurs solaires thermiques, isolation extérieure du mur nord et du toit...  
Depuis 2009 Jean-Louis valorise le potentiel hydroélectrique du lieu avec l’installation de nouvelles turbines, perpétuant ainsi une des fonctions du moulin, autonome en électricité depuis 1920.  Aujourd’hui, avec les retenues d’eau et les captages, ce moyen de production ne permet plus d’être autonome, d’où la diversification des moyens de chauffage de la maison (4 sources d’énergie !) et la nécessité du  raccordement au réseau.

Marie-Jo et Jean-Louis nous accueilleront le dimanche 16 juin à 14 h 30 pour une visite d’une durée de 2 h environ qui sera suivie d’un pot de l’amitié.

La visite est limité à 8 participants, priorité donnée aux adhérents de Canopée, et sur inscription uniquement, au 07 84 26 35 58

Favoriser une mobilité pauvre en carbone...

 ...l'objectif de l'atelier "Mobilité" de Rodez Agglomération

La conviction de Canopée qui est membre du réseau Action Climat, est que les lois mobilité, et donc les mesures prises dans les Plans climat, doivent être un bouclier contre le dérèglement climatique. Vous trouverez dans l'article :

 

  1. les points qui nous semblent être une base de réflexion pour des solutions de transports plus accessibles et plus écologiques pour tous, et inspirent nos propositions au sein du PCAET (Plan Climat Air Énergie Territorial) de Rodez Agglo
  2. Une brève présentation de l'atelier Mobilités : ce chapitre sera alimenté au fur et à mesure de l'avancée des travaux.
  3. Des pistes pour que chacun puisse participer au changement dans son quotidien
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    Démocratie locale

    Des habitants se constituent en collectif : le H.I.C !

    Le collectif HIC vous invite à des rencontres citoyennes autour de la démocratie locale et du pouvoir d’agir des habitants, une fois par mois jusqu’en octobre  2019 :

    "En effet, nous avons besoin de réinventer la façon de construire politiquement nos campagnes . Nous sommes convaincu-e-s que le pouvoir d'agir des habitants c'est la solution ! Avec des opinions différentes, quand tout le monde s'exprime, cela peut faire un joyeux bordel ! Un bordel bien organisé avec des méthodes éprouvées, nous apprenons à décider ensemble pour partager une autre façon de faire de la politique."
    Après la soirée de lancement du cycle qui a eu lieu le vendredi 12 avril manoir de Valady : Commune, intercommunalité, la place des habitants dans ces instances et la rencontre avec les auteurs du livre «Référendum d’Initiative Citoyenne”... Demandez le programme ! Prochain rendez-vous le 17 mai...

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    INNOVATION VÉHICULES DOUX

    Une association est née en décembre 2018, en Aveyron : In’VD  Innovation Véhicules Doux.

    L'association, fondée par des membres de Canopée, Hélène et Michel Jacquemin, souhaite adapter à notre configuration rurale de montagne – longues distances et dénivelés importants - des solutions de mobilité peu énergivores. L’objectif est de s’inspirer des modèles de vélo-mobiles, « plutôt adaptés au milieu urbain, sans relief, avec une autonomie de 20 à 30 km » pour construire un vélo-mobile adapté au relief du Sud-Aveyron avec une autonomie de 30 à 40 km, ainsi qu’une remorque à assistance électrique capable de transporter une centaine de kilos.  Avec l’assistance électrique, l’effort est équivalent à celui de la randonnée, auquel il faut ajouter en positif le stress qui tombe et le sourire des gens qu’on croise.

    In'VD lance un appel à participation, à idée. L’idée est de partager et de fédérer autour d’un projet innovant les ressources locales. Ensuite, si une entreprise prend le bébé pour en faire une activité professionnelle tant mieux.

    Suivez l'aventure en adhérant à In'VD, en lisant la newsletter La Potinière, en incitant votre élu à participer à "Une semaine sans ma voiture"...

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