« De la pollution physico-chimique aux impacts environnementaux et sanitaires »

Une centaine de scientifiques et experts d’horizons différents (organismes officiels, ONG, industriels…) se sont rencontrés sous l’égide de l’ARET (Association pour la Recherche en Toxicologie) pour débattre sur les plastiques et l’environnement.

Quatre milliards de tonnes de plastiques sont jetées en mer chaque année. Ces plastiques se fragmentent, certains vont flotter à la surface, d’autres vont couler sur les fonds asphyxiant la vie marine. Selon leurs tailles, ces fragments seront absorbés par les coquillages et les poissons que nous consommerons à notre tour.

Certains de ces déchets jetés en ville ou en campagne, se retrouvent au final aussi sur les plages avant d’être transportés au bout du monde par les flots. Ces gestes de négligence sont coûteux pour la collectivité, ainsi le nettoyage des plages européennes s’élevait à près de 300 millions d’euros en 2014 (IFREMER).

Ces microparticules de plastiques transportent en plus, à leur surface, des polluants divers come les PCB, HAP, phtalates (perturbateurs endocriniens), mais aussi des microorganismes qui peuvent être pathogènes. Avec le réchauffement climatique, le transport d’océan en océan de ces pathogènes est de plus en plus craint par les bactériologistes pour le développement de maladies.

De nombreux déchets de plastiques se retrouvent aussi sur terre au travers des décharges d’ordures ménagères et dans les boues de STEP (stations d’épuration des eaux usées) libérant ainsi de nombreux polluants dans les sols dont des perturbateurs endocriniens comme les phtalates et le BPA qui sont ubiquitaires. Ces deux types de substances  se retrouvent aussi dans 100% des prélèvements réalisés, tant dans l’air que les poussières de nos logements (CSTB). En raison de leurs diverses  expositions, les enfants français sont particulièrement imprégnés aux phtalates, ce que montrent plusieurs études officielles. On rappellera que les perturbateurs endocriniens sont particulièrement dangereux durant certaines périodes de la vie, notamment durant la grossesse et les premières années de l’enfance. En complément des pathologies connues pour les enfants exposés en période prénatale conduisant à certaines malformations des organes sexuels ou plus tard à des cancers du sein ou des testicules à l’âge adulte, l’INSERM identifierait aussi le déficit de minéralisation dentaire chez les enfants exposés au BPA durant les premières années (0 à 5 ans). Cette pathologie est en forte croissance et touche plus de 15% des enfants de moins de 10 ans, imposant alors des implants dentaires. 

Le point de vue de CANOPEE et du Réseau Environnement Santé

Il est clair que les plastiques ont apporté des commodités à notre vie d’aujourd’hui dans de nombreux domaines mais il est évident aussi qu’ils ont été dévoyés pour des usages à vies courtes, de quelques jours à quelques semaines, notamment dans les emballages alimentaires sous la pression de certains industriels.

Depuis plus de 30 ans, malgré les campagnes de communication de l’ADEME et d’ECO-EMBALLAGES, le recyclage des plastiques dans notre pays reste assez décevant et favorise la dissémination des déchets comme décrit plus haut. Nos élus tant sur le plan local que national s’impliquent relativement peu sur ce sujet, quand ils ne sont pas sous l’influence de lobbies industriels. Il ne reste donc que le citoyen pour contribuer efficacement à la réduction du volume des déchets plastiques, en consommant des aliments les plus simples, les moins préparés par l’Industrie Agro-Alimentaire et donc les moins emballés. Attitude qui non seulement est favorable à la réduction des déchets et au gaspillage pétrolier mais permet également de réduire les risques de contamination des aliments par certains plastiques employés dans les emballages jetables. A cet égard, on rappellera la citation de Coluche, philosophe et penseur à ses heures, qui déclarait : " il suffit que les gens n’achètent plus de saloperies pour que ça ne se vende plus !" L’achat d’aliments frais et bio permet de réduire les déchets d’emballage et les contaminations de notre environnement pour une meilleure préservation de notre santé. Si pour certains le bio est jugé cher, on n’oubliera pas les surcoûts entraînés par le traitement des résidus plastiques sur les plages, dans les eaux de surfaces, les stations d’épuration de nos villes et par les soins médicaux des maladies induites par les contaminants relargués par ces plastiques.

Bernard PETIT Membre de Canopée et du Réseau Environnement Santé : Résumé du colloque de l’ARET Plastiques, quels enjeux pour demain ? De la pollution physico-chimique aux impacts environnementaux  et sanitaires, 15 et 16 juin 2016 - Fondation Rovaltin - 26300 ALIXAN

Acronymes ou noms utilisés :
ONG : Organisation Non Gouvernementale
IFREMER : Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer
PCB : polychlorobiphényls (perturbateurs endocriniens)
HAP : Hydrocarbure Aromatique Polycyclique
BPA : Bisphénol A (perturbateur endocrinien)
STEP : Station d’Epuration d’eaux usées
CSTB : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
INSERM : Institut National de la Santé et de la recherche Médicale
ADEME : Agence de l’Environnement et de Maîtrise de l’Energie
ECO-EMBALLAGES : Organisation de l’industrie de l’emballage dédiée au recyclage

 

Article publié par "Canopée" le 27/09/2016

    

 

 

Derniers articles - Nos Actions

Placez vos économies au soleil !

« Sud-Energia, transforme le soleil des Grands Causses et du Sud Aveyron »

« permettre à tous les citoyens, à travers une coopérative, de transformer une partie de ses économies en panneaux photovoltaïques posés sur les toitures de bâtiments communaux : salle des fêtes, mairie, école, gymnase, locaux techniques… »

Une forme d’investissement en circuit court en quelque sorte, destiné à profiter en priorité à l’économie locale : grâce aux revenus générés par la revente de l’électricité renouvelable produite.

Sud-Energia est une coopérative citoyenne, membre du réseau national « Energie Partagée » (proche d’Enercoop et de l’association nationale Négawatts).

« Il parait que l’Aveyron est déjà excédentaire dans sa production d’électricité. Pourquoi continuer à vouloir produire encore plus d’Energie ? »
C’est vrai pour l’électricité, mais pas pour l’énergie consommée dans son ensemble, incluant par exemple nos chauffages et nos déplacements. Or on sait que de gros efforts sont à faire sur ces deux postes qui consomment aujourd’hui énormément d’énergies fossiles, celles qui contribuent le plus au réchauffement climatique. Même si plus de production d’électricité d’origine renouvelable est indispensable à un scénario de sortie du fossile et du fissile, ce ne doit pas être la seule solution.

Elle doit venir en complément avec la remise en question de nos modes de vie énergivores. Avant même de penser à la sobriété énergétique, il faut nous questionner notre ébriété énergétique dans bien des domaines ! (La fameuse voiture électrique Tesla pèse plus d’une tonne pour transporter le plus souvent…moins de 100 kg !!)

 

Sud-Energia " le site Internet "

Sud-Energia " Le dossier de presse " (pdf)

Lancement de la Collecte pour le projet « Soleil des Grands Causses » (fichier PDF)

Article publié par "Canopée" le 13/12/2021


 

Pour protéger le vivant, mettons fin à l’agriculture chimique

« Secrets Toxiques - Pesticides »

Le 1er décembre 2020, un collectif d’association (Générations Futures, Campagne Glyphosate France, Nature & Progrès) a lancé la campagne citoyenne historique “Secrets Toxiques” pour exiger le retrait de pesticides dangereux ET remettre en question les méthodes d'évaluation des pesticides en France et en Europe.

Secrets toxiques lance une action en justice inédite pour demander le retrait immédiat de pesticides contenant des toxiques cachés aux utilisateurs.
Canopée, aux côtés d’autres structures, a adhéré à ce collectif mais nous pouvons tous et chacun agir !

Vous pouvez consulter le site de Secrets toxiques et signer la pétition !

Le Communiqué de Presse du 1 décembre 2020 (Pdf)

La Tribune de Reporterre " Pesticides pour protéger le vivant mettons fin a l'agriculture chimique "

Article publié par "Canopée" le 15/03/2021

 

 

Loi Climat et Résilience à l’Assemblée nationale et au Sénat

« Un climatomètre pour suivre les débats »

Le Réseau Action Climat met en ligne un outil permettant de suivre quotidiennement l’évolution de l’ambition climatique du projet de loi Climat et Résilience, le climatomètre !

Avec des niveaux situés actuellement entre 0 et 20 % sur 15 mesures structurantes, il sera actualisé tous les jours à 14 heures amendements votés à l’Assemblée nationale et au Sénat la veille, et ceci jusqu’au vote final du texte.

" Un climatometre pour suivre les débats sur la loi climat et resilience "

Réseau Action Climat le " climatometre.org " (suivi des débats)

Réseau Action Climat les " 15 mesures phares " (pdf)

Le Projet de Loi " lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience face à ses effets "

Article publié par "Canopée" le 12/03/2021

 

 

Transition Energétique et Climatique en Aubrac

« Comité de Pilotage et forum de restitution »

Le conseil syndical du SMAG du PNR de l'Aubrac a pris la décision d'engager l'élaboration d'un Plan de Transition Energétique et Climatique en Aubrac «PTECA» (démarche volontaire adaptée des "Plans Climat Air Energie Territoriaux «PCAET»").

L’élaboration du PTECA se construit en trois étapes :
  - Réalisation d’un diagnostic territorial,
  - Définition de la stratégie,
  - Réalisation du programme d’actions.

Les documents du 3ème Comité de Pilotage du 05/10/2020 :

- PTECA : " Compte rendu du 3ème comité de pilotage et forum de restitution " (fichier Pdf)

- PTECA : " Diagnostic du Programme de transition énergétique et climatique en Aubrac " (fichier Pdf)

Article publié par "Canopée" le 18/01/2021